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Dimanche 1 Août 2010

Aborder les questions urbaines par l'innovation



Aborder les questions urbaines par l'innovation
Bruno Marzloff, sociologue, animateur du groupe Chronos et associé du programme Villes 2.0 : on peut aborder l’innovation par l’ingéniérie technologique, mais on en connait les limites. Durant le programme on a identifié plusieurs moteurs d’innovation, qui reflètent l’évolution contemporaine :



 - Le désengagement de l’Etat au niveau des réalisations urbaines génère une innovation économique : faire plus avec moins.

- Le découplage entre l’objet et le service notamment autour de la voiture : on distingue de plus ne plus l’objet voiture du service, notamment avec le covoiturage et la voiture partagée. On conserve l’objet, mais on en change les fonctions logicielles, ce qui ouvre des possibilités d’innovations.

- Les complexités qui déterminent le territoire sont nombreuses. Le territoire que l’on parcours est de plus en plus étendu, les temps de la ville sont de plus en plus désynchronisées avec des conduites plus autonomes. - Une mobilité libre et durable : c’est l’affirmation d’un droit à la mobilité universelle : nos déplacements tendent à s’étendre, mais comment réduire les séquelles liées à ces déplacements et notamment environnementales.

- La transformation du jeu des acteurs et des gouvernances dans la ville. De nouveaux acteurs mènent à reconsidérer la place de chacun d’entre eux. Les autorités classiques du territoire sont toujours là, les opérateurs de communication, de transport, de distribution sont également là, mais le citadin est lui aussi de plus en plus présent, qu’il soit chaland, audience, voyageur. Dont il faut assumer les exigences et plus encore prendre en compte la capacité d’intervenir.

Nouveaux comportements, nouveaux outils permettant aux internautes, aux citadins d’intervenir dans la ville.

Clever Commute est né il y a deux ans dans l’Est des Etats-Unis des carences des opérateurs de transports publics incapables d’informer les voyageurs de ce qu’il se passait dans les transports. Sur ce site, les gens s’entraident de manière spontanée et gratuite pour se déplacer. Autre élément, le fil Twitter de SFBART, qui permet de l’information des opérateurs vers les voyageurs, comme ici l’information de l’opérateur sur les incidents ou le fil Twitter du Pont de Londres comme évoqué par Adam Greenfield. Les bénéfices que l’on tire d’un service comme Dash, un système embarqué en voiture qui transmet en permanence des informations sur la position de votre voiture et en déduit la vitesse de celle-ci permettant d’apporter une information prédictive sur le trafic. D’un bénéfice individuel, on tire des avantages collectifs : ceux d’une régulation générale. Dernier exemple, évoqué par Bruno, OpenStreetMap où les usagers apportent des informations de géolocalisation pour créer des cartographies libres et gratuites.

On peut étudier les impacts du match de Foot avec l’utilisation des téléphones mobiles comme le propose UrbanMobs, explique Stéphane Distinguin, mais aussi par les données issues de la consommation d’eau. L’important ici est de mettre en avant un territoire par rapport à ses valeurs d’innovation. Aujourd’hui, il y a une Champion League de la ville 2.0, c’est un très gros intérêt de compétitivité des territoires. La revendication d’un territoire en terme de valeur d’innovation est important.
Pourquoi a t-on l’impression que c’est Paris qui a inventé les vélos en libre service alors qu’ils ont été inventé avant à Munich ou Lyon ?

Catherine Barbet est chargée de créer un Institut de recherche sur la ville durable pour la ville de Paris. La révision générale du plan local d’urbanisme de Paris a généré un fort enjeu, notamment pour les habitants, qui sont les mieux à même à parler de leurs quartiers. Mais comment demander aux habitants de participer ? L’outil électronique a été un moyen pour faire plus de démocratie et plus de participation. On a suscité des milliers de propositions cartographiées, on les a traitées, on les a
remonté aux personnes concernées car souvent cela parlait plus de la voierie que du PLU, on l’a intégré. On a mis le document d’urbanisme en cours d’évolution. Le document soumis à enquête public était disponible sur tous les ordinateurs des parisiens et bien avant que l’enquête public ne commence. On a pris une démarche de visualisation et d’interaction qui a porté ses fruits. Les
professionnels se sont mis à s’envoyer des extraits du PLU : tout le monde s’est mis à utiliser la carte, elle est devenue le centre des interactions.

L’agence d’urbanisme du grand Lyon développe également un projet de mise en ligne du PLU pour faciliter les rapports entre le service d’urbanisme et l’habitant. En quoi le numérique transforme la ville ? Jusqu’à présent, on était à savoir comment les technologies facilitaient le développement économique. Et aujourd’hui, on s’apperçoit que ces TIC sont très interactives et utilisables par tous, plus seulement pour les entreprises, mais de plus en plus avec les citoyens. L’urbain, c’est ce qui dure.

Mais comment les flux informationnels transforment cette ville dure, minérale. On mesure mal encore l’impact réel que cela aura. Les élus de la ville de Lyon se posent la question de comment l’interactivité avec les citoyens peut transformer le rapport et plus encore le service proposé ! Au-delà des belles images, qu’est-ce qu’on peut en faire ? Peut-on mettre en oeuvre des services gérés en temps réel par l’apport d’information en temps réel des citoyens ? Ce n’est pas sans renvoyer des paradoxes aux
urbanismes qui ont tendance à hiérarchiser les flux Mais le GPS bouscule tout cela en conduisant les gens d’une voie régionale à une voie de quartier, sans prendre en compte l’urbanisme et le planificateur. Effectivement, la régulation a besoin d’intervenir, explique Bruno Marzloff. C’est là qu’il faut faire intervenir par exemple des différenciations temporelles par exemple en indiquant aux gens, que plutôt que d’aller sur une voie qui ne saura pas les accueillir, de différer leur voyage.









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