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Dimanche 1 Août 2010

Adam Greenfield, THe Long Here, The Big now



Adam Greenfield, THe Long Here, The Big now
Adam Greenfield, l’auteur d’Everywere, que l’on connaît bien désormais, revient sur la notion de Long ici et gros maintenant dont il nous avait parlé à PicNic 2008. Et de rappeler le backgroup d’un monde où tous les objets, les surfaces du quotidien sont capable de sentir, d’émettre des informations. Cette nouvelle réalité urbaine est déjà en marche, notamment en Corée du Sud qui développe une vision très agressive autour de l’ubiquité avec u-Cheonggyecheong et New Songo. Mais ce type de projet est
confronté à un écueil, explique Greenfield : ils partent de la technologie plutôt que d’essayer de comprendre le désir humain. Peut-on développer des villes 2.0 pour des humains 1.0 ?

De nouvelles manières de faire la ville émergent. Les prérogatives anciennes de la ville s’érodent : notamment celle portée par les architectes. Les architectes sont les spécialistes des espaces infinis, alors que les gens, notamment avec les nouvelles technologies comme le téléphone, cherchent à s’isoler, pour téléphoner, pour rester en contact avec leurs réseaux. Par rapport à cela, il faut s’interroger sur ce que le cyberspace veut dire, comme le posait John Perry Barlow. Le cyberspace est un enfermement par rapport à l’activité humaine de nos villes, mais se déroule dans nos villes. Que se passe-t-il dans l’espace public avec ces gens qui s’isolent sans cesse ? Si l’information tombe sur nous comme la pluie, nous faudra-t-il des parapluies ? Les conditions primaires de choix et d’action dans la ville ne sont plus physiques mais résident dans l’invisible et intangible couche d’information en réseau qui l’enveloppe.

D’où le concept de Long Here : chaque lieu, spécifié par ses coordonnées, possède désormais un historique, une profondeur dans le temps, accessible via sa seule localisation. On peut développer des systèmes d’information capables de retrouver l’histoire de nos rues, de nos immeubles comme on les trouve sur Flickr en nous donnant le sens du temps, en nous montrant le passage des saisons en nous replaçant parmis tous ceux qui ont partagé le même endroit, voire une même émotion. Pas seulement sous son aspect le plus agréable d’ailleurs : avec des cartographies sur la criminalité, comme Oakland CrimeSpotting, vous avez accès à l’historique de la criminalité d’un quartier, d’une rue, d’un immeuble.

D’où le concept de Big now (gros maintenant). Le Big Now auquel nous sommes de plus en plus confrontés est exactement l’inverse : les données en temps réel montrent le présent et la réalité tangible de la ville. Le Big Now c’est la simultanéité massive. C’est le Pont de Londres qui parle désormais grâce à Tom Armitage et annonce qu’il va se fermer ou s’ouvrir Et demain, ce sera tout
feu de circulation, toute barrière de circulation, tout objet qui risque de nous parler, de s’adresser à nous, comme aujourd’hui le Pont de Londres. On peut commencer à entendre cette clameur qui envahit la planète en observant le New York Talk Exchange du MIT.

Tout cela n’est pas sans conséquences. Les mécanismes en réseau ont tendances à gérer des permissions et à générer donc des exclusions. Quand il y a un homme en face de nous, on peut toujours discuter, argumenter On peut arbitrer et prendre des responsabilités, mais face aux machines, quel recours avons-nous ? Quel support technique appelons-nous quand une barrière Rfid
refuse de se lever ? On sait que beaucoup de nos technologies sont imparfaites, peuvent casser A l’heure où nos espaces urbains commencent leur transformation, apparaissent des espaces furtifs (qui ne peuvent pas être trouvés), glissants (qui ne peuvent pas être atteints), piquants (qui ne peuvent pas être confortablement occupés), croustillants (qui ne peuvent pas être saisis), nerveux (qui ne peuvent pas être utilisés sans être sous surveillance) pour reprendre des termes qui font références
aux travaux de l’architecte-géographe Steven Flusty (que nous évoquions dans ce billet), auquel Adam Greenfield ajoute le terme brumeux pour décrire des espaces qui ne peuvent être cartographiés ou qui n’existent pas sur votre GPS.

Autre conséquence : on va pouvoir regarder autrement l’information sur les villes, les modèles et structures d’utilisation de la ville par les gens. Et en le rendant accessible, localement, à la demande, immédiatement, il peut être utilisé pour agir. On peut ainsi décider d’aller à tel ou tel endroit parce que nos amis sont à tel endroits ou n’y sont pas.

L’avenir des villes ubiquitaires nous appartient.









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