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Compte-rendu Atelier « Réaliser la ville durable », (2 mai 2007)éco-quartiers : Hammarby, ECOZAC
Le projet d’éco-quartier d’Hammarby a d'abord été porté par la ville de Stockholm dans le cadre de sa candidature aux jeux olympiques de 2004. Malgré leur échec, les autorités ont décidé de faire d'Hammarby une vitrine du développement durable, afin d'illustrer la volonté de la Suède de se libérer de sa dépendance à l'égard du pétrole. Dans un contexte de croissance soutenue de la démographie et du trafic automobile à Stockholm, Hammarby a été pensé pour réduire l'usage de la voiture et optimiser ceux des transports collectifs.
Hammarby est conçu sur un modèle d'éco-cycle : réduire les entrées de matière et les sorties de déchets, recyclage et incinération de certains déchets pour l'énergie, créer du bio-masse, minimiser les impacts sur l'environnement. Ce qui marche à Hammarby : - La gestion des déchets est une réussite : tri sélectif, 3 bacs dans les logements, déchets incinérés, compostés ... - Le système Envac: aspiration des déchets à l'extrémité du quartier, des capteurs signalent le remplissage des cuves. Optimisation du transport, déchets comprimés dans les centres de tri, opérations spéciales sur les déchets des commerçants. - Les transports collectifs: 70% de la population les utilisent, desserte multimodale du quartier: bus, tram, vélo (location), ferry, horaires de tous ces transports sur le web du quartier, peu de parking par foyer, - Le centre d'informations du quartier : formation des nouveaux habitants, au coeur du système de participation du quartier. Chaque bâtiment est connecté au site : garde d'enfants, les horaires des transports, réservation de voiture, forum. Le site web marche trés bien. Il est le point de contact et le dispositif d'animation du quartier. - Le CityCarpool: un service de location de véhicules hybrides, 30euros/mois, on réserve sur le site internet où la place du véhicule est indiquée, un code est transmis sur le tel portable pour ouvrir la voiture, Ce qui ne marche pas : - Les smarts houses, immeubles intelligents : trop en avance, - La communication : Absence d'affichage ou de panneaux d'informations dans la rue, tout est sur le site. - Le e-commerce. En suéde, pas de centre commercial, que des petits magasins, suédois attachés à la visite chez le commerçant. - Pas de véritable politique d'évaluation. - Peu de mixité sociale, en raison du coût final élevé de la dépollution du site. Hammarby est un quartier qui attire les catégories aisées, principalement en raison de son cadre de vie. L’EcoZac de la place de Rungis
L'EcoZac est d'abord une aventure citoyenne, rappelle Marcus Neumann, trésorier de l'association les amis de l'EcoZac. A l'origine de cette association un riverain de la Place de Rungis située dans le 13e arrondissement de Paris, également journaliste spécialiste de l'environnement, Philippe Bové, qui, inquiet de ne trouver dans le projet de réhabilitation de cette friche, issue du déménagement d'un entrepôt de la Sernam, qu'un seul point écologique, une crèche HQE, réunit autour de lui quelques amis pour faire pression.
Ces personnes, qui ne se présentent pas comme des experts, mais des citoyens engagés, savent toutes qu'il est possible de faire autrement, que l'on sait concevoir des bâtiments durables, gérer les déchets (compostage, méthanisation), et piloter des projets urbains en y intégrant des paramètres "durables". On sait faire, mais on ne fait pas. L'EcoZac veut créer un exemple. Les membres de l'association sont trés présents dans la rue, sur les marchés, à distribuer des brochures et susciter le débat. Ils organisent également des soirées d'information, les jeudis de l'EcoZac, sans oublier les contacts réguliers avec la presse. Ils organisent enfin des voyages d'études pour la presse et les élus parisiens et franciliens : à BedZed (Londres), ou Fribourg, et son éco-quartier Vauban. Dans la foulée de ces actions, des discussions s'engagent avec la Mairie de Paris et la Région Ile de France. A la faveur ce dialogue avec les autorités en charge du projet, l'EcoZac a pu avancer quelques pions et obtenir des modifications significatives. Sur le plan des principes, la Mairie de Paris a publié une déclaration d'intention de construire Place de Rungis le 1er quartier durable parisien. Même si les aménagements obtenus ne sont pas à la pointe de ce qu'on peut faire, ils restent novateurs dans le contexte parisien : une bonne isolation thermique, 50Kw/heure par m2 par an, la récupération des eaux pluviales (pour les jardins et peut-être les chasses d'eau, si les autorités sanitaires donnent leur accord), moins de parkings, seulement 8 parkings de surface, pas de rue traversante, de l'énergie solaire photovoltaïque, un forage en cours de géothermie (l'eau est à 15 degrés), un service d'auto partage ... De cette expérience Marcus Neumann tire plusieurs enseignements : - La société a de vrais soucis : le réchauffement climatique, l'après-pétrole, ... - Il existe pour ces vrais problèmes de vraies solutions, il suffit de les appliquer. - Un groupe d'individus peut faire la différence, sans avoir peur de choquer, et convaincu d'agir par nécessité. - Il ne faut pas se contenter de l'exemplarité, la question est de changer d'échelle et que toutes les rénovations soient durables. - Il faut sortir l'éco-quartier de sa niche, et en faire un modèle standard. L’agenda 21 et l’observatoire participatif des engagements du Conseil Général de l’Essonne.
Emelyne bigot, de la Délégation au développement durable et solidaire du Conseil Général de l'Essonne, a présenté un premier bilan de l'Observatoire Participatif des Engagements, mis en place après l'adoption par le Conseil Général en 2003 de son Agenda 21. Conçu à partir d'une vaste consultation auprès des essonniens, cet agenda a permis de fixer à l'exécutif 4 orientations, 21 objectifs et 120 engagements durables et solidaires répartis sur l'ensemble des services du département
Quelques orientations et engagements extraits de cette liste : développer une citoyenneté garante du développement durable, renforcer la démocratie participative, développer une conscience éco-citoyenne, devenir un Département pilote du développement durable, mieux répondre aux besoins des personnes âgées, faciliter la vie quotidienne des personnes handicapées, économiser l'espace et maîtriser l'extension urbaine, développer la diversité et la qualité des modes de déplacement, partager la voirie, ... En tête de liste la création du premier observatoire participatif des engagements (OPE), chargé de suivre et animer le débat public, et de réaliser un bilan annuel de la mise en œuvre de ces engagements par le département. L'OPE réunit 428 personnes, dont 214 participent activement à un groupe de travail. 60% d'associatif, un peu plus d'homme, majoritairement âgées de plus de 40 ans. 4 ans après sa création, l'Agenda 21 et l''OPE présentent un bilan largement positif. Ce dernier est devenu un véritable levier pour l'action départementale. Ses membres rencontrent les services départementaux et les élus, pilotent des groupes de travail avec les directions, effectuent des visites de terrain. L'OPE a impulsé un véritable changement dans les pratiques internes du département, notamment du point de vue de la concertation avec tous les acteurs du territoire. Les politiques départementales en matière de déplacement, de gestion de l'eau, d'énergie, de gestion des déchets, d'agriculture, de logement ont évolué. Mais la participation s'essouffle. Les membres actifs des groupes de travail sont devenus des experts, bloquant le renouvellement. Les jeunes participent peu, et les classes populaires sont sous-représentées. Dans un contexte favorable (perceptions des changements climatiques, prix de l'essence, Nicolas Hulot/Al Gore ...) le département prépare la suite de l'Agenda 21, en programmant un retour vers les essonniens pour partager avec eux les résultats de ces 4 années et dégager les nouveaux enjeux. Les moyens mobilisés sont multiples : une grande enquête filmée sur les enjeux en Essonne, des forums, des ateliers de travail, pour préparer le vote du bilan et celui d'un nouveau document d'orientations et d'actions en matière de développement durable et solidaire. Télécharger le compte-renduDans la même rubrique :
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