Les grands opérateurs du Web – les Google, Yahoo!, et autres MSN et AOL… – ont entrepris de déployer des ressources pour cet urbain nomadisant. Les requêtes associant une ressource et une carte sur le Web ont augmenté en un an de 28% aux Etats-Unis. Ces opérateurs ont fait de leurs outils des instruments de connaissance de la ville, de navigation sur les réseaux de la ville, d'orientation sur ses ressources. Les développements les plus récents d'internet vont dans ce sens. En l'espace d'un an, Google a fait une série d'annonces qui ne cachent pas sa volonté de renseigner totalement la ville, et d'en tirer profit :
- GoogleMap 01/05. Il existait déjà des outils pour se repérer dans la ville, mais aucun n'avait l'accessibilité universelle et la puissance de la base de données et du moteur de recherche qu'offre Google gratuitement à ses utilisateurs.
- GoogleEarth 06/05. L'épisode suivant a fait sensation : Google propose un fond de carte satellitaire. Il devient possible de voir la ville réelle en image – et non plus sa représentation cartographique – et d'y déambuler.
- GoogleLocal 07/05. Avec GoogleLocal – qui a expressément des visées publicitaires : rapprocher une offre et une demande de la ville – on passe à un autre stade : la ville balisée, renseignée, circonstanciée. Elle l'est par l'adossement à des bases de données de la ville. Elle l'est – et cela est très nouveau – par les citadins eux-mêmes qui enrichissent l'information au sein de ce qu'il est convenu d'appeler les réseaux sociaux (social networks).
- GoogleMobile 08/05. L'étape suivante était plus prévisible. Dès lors que je m'adresse au citadin en mouvement, autant être le plus proche possible de lui. Logiquement, Google, investit la téléphonie mobile et devient la page d'entrée par défaut de certains opérateurs mobiles. Il prodigue des services nomades sous des formes diverses. Il se contente au début de répondre par SMS – gratuitement – aux demandes d'information formulées depuis un mobile. Désormais, profitant de l'évolution des parcs d'équipements vers des usages plus sophistiqués, Google se met en posture de répondre au mobile comme il répond à l'ordinateur, via l'internet.
- Google WiFi 09/05. Le pas suivant est plus surprenant. Google répond à l'appel d'offre de la ville de San Francisco qui souhaite massifier et banaliser l'usage d'internet. Sa réponse est limpide : mettre gratuitement en place un réseau de ville dont l'usage sera gratuit ! La contrepartie ? C'est le prolongement du Web dans la ville avec les mêmes modèle. Google vend à des annonceurs un couple d'informations : je situe quelqu'un, à un endroit, à un moment, avec une demande, bref un client potentiel. Google, donc internet, sera alors dans la ville et pour tous.
- GoogleBase 11/05. Une nouvelle architecture permet aux internautes de chercher les informations par n'importe quelle entrée. Le service est encore gratuit. GoogleBase va radicalement transformer le marché des petites annonces locales, c'est-à-dire les liens entre les citadins et les acteurs marchands ou non de la ville, voire entre les citadins entre eux.
- GoogleTransitTripPlanner 12/05. Dans la ville de Portland, Google teste depuis décembre 2005, un moteur de recherche pour les demandes de déplacement. Il les calcule sous des modalités diverses et propose le choix final circonstancié à l'utilisateur, toujours gratuitement. A chacun de sélectionner – en fonction du temps passé, des coûts et de la disponibilité –, la voiture ou le transport collectif.
- GoogleMobileService 01/06. Google lance une version mobile personnalisable de son portail, compatible avec certains téléphones récents. L'utilisateur synchronise son mobile avec son PC, la représentation de son avatar sur le Web se duplique sur l'internet mobile. Dans le même temps, les outils du Web, comme GoogleEarth, sont également déclinés en mobile. Ainsi, Google parachève sa conquête de la ville et sa bascule du Web à la ville (à suivre !).
1 Rienqu'en Europe, treize millliards de machines ont la capacité decommuniquer. Le Wireless Data Research Group estime que le marchéeuropéen va décupler en quatre ans.