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Vendredi 12 Février 2010

La Ville 2.0 existe déjà, on l'a rencontrée



La Ville 2.0 existe déjà, on l'a rencontrée
Thierry Marcou, responsable du programme Villes 2.0 nous explique que la ville est déjà 2.0. Des pratiques internet massives et très diverses existent, comme le montre l’exemple de Romans-sur-Isère (hum, hum) : les pratiques locales sont réelles et massives, mais ce n’est pas pris en compte par ceux qui ont en charge de transformer la ville. Dans la ville, il y a de nouveaux acteurs qu’il faut prendre en compte dans la fabrique des services urbains, comme Google qui n’est pas le moins connu. Mais Google a mis en place de nombreux services qui changent notre manière de nous servir de la ville, comme Google Transit, qui propose une information multimodale qui n’était pas toujours disponible. Une autre catégorie d’acteurs, il y a des initiatives locales, localisées comme cette de Rouletaville.fr à Saint-Maur, proposant aux parents d’enfants de faire du covoiturage pour conduire les enfants à leurs activités périscolaires. La carte est devenue l’interface clé du lien du physique et du numérique, le support du partage, est elle bien sûr l’outil de localisation, de navigation et même de radar social et enfin un dispositif de représentation d’ensemble et de pilotage des réseaux de la ville. Mais la carte est également le support de nouvelles représentations comme UrbanMobs.



Pierre-Antoine Durgeat, confondateur de DisMoiOu.fr explique que DisMoiOu, dans un premier temps, avait pour objectif de demander aux gens de décrire leur ville. L’information locale a une granularité fine, mais internet force à ce qu’elle soit à jour et universelle. Or, aucun acteur industriel ne peut imaginer faire cela sans l’aide des citoyens. Il faut que l’information soit détaillée, à l’image d’une fractale, car on peut confronter l’image réelle et l’image numérique en temps réel : face à un magasin
fermé alors que votre information sur votre téléphone vous dit qu’il devrait être ouvert, c’est le service que vous fournissez qui est toujours en cause, pas le magasin.

DisMoiOu distingue des informations objectives et subjectives sur les lieux. Mais pour arriver à un niveau d’information suffisant, il faut un nombre d’utilisateurs très important sur le terrain. Nous avons essayé une stratégie de partenariats avec des acteurs de la PQR française. Mais le maillage est resté malgré tout souvent insuffisant. Certaines communautés se sont agrégées sur disMoiOu, sur certains sujets, comme les moulins à vent par exemple, mais nous n’avions aucune données sur les moulins à vent en Hollande par exemple Il est difficile pour les utilisateurs de trouver leur compte à contribuer à une entreprise commerciale. D’où le fait que DisMoiOu a transformé son site et son projet. Notamment en développant l’information subjective, issue d’amis. Le site est devenu un moteur qui analyse les contributions des gens pour déduire des endroits qui devraient vous intéresser. Pour présenter de l’information pertinente, plutôt que d’être exhaustif, il faut motiver les utilisateurs afin qu’ils aient un avantage client rapide. Les gens nous ont ramené au bouche à oreille, plutôt que d’essayer d’avoir une information exhaustive impossible. DisMoiOu est disponible via Facebook Connect et sur l’iPhone.

Fabien Girardin, chercheur à l’université de Barcelone et au MIT/Senseable City Lab, remarque  également l’arrivée de nouveaux acteurs urbains au niveau des infrastructures : caméras de surveillance, réseaux sans fil, téléphones mobiles, cartes Rfid, capteurs de polution, systèmes de partages de vélos L’enregistrement de nos interactions avec ces infrastructures est la source de ses travaux. A Florence, les touristes sont nombreux, mais laissent peu de traces de leur activité. D’où l’idée de regarder les informations que les touristes produisent quand ils visitent la ville et notamment des photos qu’ils postent sur Flickr. On peut ainsi retracer leur chemin, regarder précisémment ce qu’ils regardaient, où ils se rendent, les limites urbaines qu’ils ne franchissent pas. Cette étude a été reproduite sur Barcelonne. Autre source de carte numérique, plus implicite, regarder l’activité des téléphones portables comme l’activité du trafic des réseaux de téléphonie mobile dans la ville de Rome avec Rome Sensable City.

On peut créer des boucles d’auto-régulation avec ses données, permettant de les communiquer à ceux qui les émettent pour donner des possibilité aux gens des moyens en temps réel pour interagir avec ces données, comme dans le cas du Wiki sur Rome. On peut également mettre en place des évaluations post-ocupatoires de la ville, à partir des données de Velib, on peut analyser ce qu’il se passe dans la ville, voir où sont les stations qui posent problèmes, juste en surveillant l’activité des bornes. Les stations vides ou pleines nous disent des choses sur leur popularité. On peut construire des indicateurs d’attractivité urbaine comme pour mesurer le succès de la rénovation urbaine des quais de New York en analysant les données générées au fil du temps par les utilisateurs de téléphone mobile ou les photos géolocalisées. Il nous faut encore construire des évidences et des indicateurs de la vie urbaine. C’est en tout cas le sens du travail de Fabien Girardin.








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