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Dimanche 1 Août 2010

Les comptes-rendus du Grand Défi : 'Une mobilité plus libre et plus durable' - deuxième phase



Les comptes-rendus du Grand Défi : 'Une mobilité plus libre et plus durable' - deuxième phase
Mobilité plus libre et plus durable : l'angle de l'innovation

Historiquement, plus les gens se déplacent, plus ils télécommuniquent ; socialement, ceux qui communiquent le plus sont ceux qui se déplacent le plus. Autrement dit, il n'y a pas de substitution spontanée des déplacements par des relations distantes.
Réduire l'impact environnemental des déplacements suppose de jouer sur les volumes (nombre de déplacements), les distance parcourues et l'efficience des modes de déplacement. Il existe de nombreuses manières de poursuivre cet objectif : des percées techniques (nouveaux moteurs, nouvelles sources d'énergie…), des approches politiques (organisation de l'espace et des transports collectifs, réglementation, taxation, tarification…), et des approches qui visent à combiner, par l'innovation, la satisfaction des attentes individuelles et celle des exigences collectives.
Le 3e défi du programme Villes 2.0 propose d'explorer la recherche de la "mobilité durable" sous un angle particulier : celui de l'innovation, de manière à répondre à la demande de mobilité individuelle, tout en atteignant des objectifs collectifs ambitieux en matière de pollution et de consommation énergétique.
Les pistes explorées par ce défi ne s'appuient donc pas sur la contrainte ou la réglementation (ce qui ne signifie pas que ces pistes sont à rejeter !), mais sur la dynamique de l'offre et de la demande, sur les usages, le désir, les flux.

Un champ d'innovation déjà très riche
La "mobilité durable" est un champ d'innovation très actif au niveau mondial. Les TIC y jouent un rôle de supports de données partagées, de services et d'usages pour localiser et réserver les ressources, optimiser ses choix, rationaliser l'offre ou les pratiques collectives – y compris par la contrainte ou la tarification, que les TIC rendent possibles d'une manière à la fois efficace et sophistiquée.

9 pistes et trois constats
Neuf orientations émergent des échanges de l'atelier :
1. Améliorer l'intégration, la continuité et l'interopérabilité des modes de déplacement, ainsi que de l'information et des services qui les entourent
2. Elargir le choix des modes de déplacement, en toute connaissance… et en pleine conscience de leur bilan environnemental
3. Inventer de nouveaux modes et de nouveaux échangeurs de mobilité, autour des notions de partage des lieux, des véhicules et des informations
4. "Habiter" et enrichir la perception et la densité sociale des mobilités collectives et "douces"
5. Changer de paradigme pour éviter des déplacements, revisiter des formes de "dématérialisation" des déplacements et de substitution (de la possession au service, du déplacement physique à l'échange numérique)
6. Organiser, synchroniser les temps
7. Travailler sur l'espace pour recréer des formes de proximité et de convivialité
8. Elaborer des solutions collectives autant qu'individuelles
9. Renforcer la confiance, le lien social et l'échange

Par ailleurs, un certain nombre de constats ont été exprimés
- Il faut distinguer entre les mobilités choisies et obligées ; les choix des organisations (employeurs, organisateurs de flux, commerçants et prestataires de services) sont plus aisément infléchis par la réglementation que ceux des individus.
- La mobilité est sociale, presque par essence. Jouer sur les modalités du lien social, de l'accès aux autres, et sur l'influence des "réseaux sociaux", peut contribuer à des changements de comportement.
- A l'inverse, on peut attendre des modalités de la mobilité de se prêter plus ou moins au silence, à l'isolement… le degré de communication en mobilité devient l'une des caractéristiques du service attendu : il y a des modes et/ou des moments "sociaux" et connectés, ou personnels et calmes (cf. idZap et idZen dans l'idTGV).
- Changer de mobilité nécessite, comme tout changement, un accompagnement et une éducation (du côté des organisations comme des individus).
- La mobilité doit être pensée comme un écosystème qui inclut par exemple : l'aménagement des espaces (urbains, de travail, commerciaux…), l'organisation et la tarification des transports, l'organisation des temps, etc.
- L'usager joue un rôle clef dans l'innovation dans la ville, et dans l'innovation "durable". Le défi doit identifier des dispositifs d'innovation qui s'appuie sur l'intervention active des usagers.
- La malléabilité des espaces recèle de promesses. Certains cas sont déjà exemplaires, comme les MSP (Maisons de service public), exemplaires de la manière dont peuvent les espaces et agencés les services.

Vers un projet structurant ?
De cet échange, plusieurs acteurs régionaux et locaux ont exprimé leur envie de faire de Sophia Antipolis le territoire d'un projet ambitieux et innovant dans ce domaine. Zone d'activité construire à l'écart des grandes zones d'habitation, Sophia Antipolis est avant tout parcourue en automobile et rencontre des problèmes de circulation. La densité d'entreprises innovantes présentes sur le territoire de la technopole laisse croire que les compétences, les moyens et la motivation ne feront pas défaut : un tel projet pourrait même fournir un terrain d'expérimentation à certaines d'entre elles, et contribuer au rayonnement de Sophia Antipolis.
En revanche, dans la cohérence des réflexions de l'atelier, un tel projet ne saurait prendre la forme d'un "grand projet" venu d'en haut, mais plutôt d'une "plate-forme d'innovation" fédérative, coordonnée et régulée, mais décentralisée, ouverte aux idées et aux innovations de toutes parts. Cela pourrait commencer par un partage ouvert des données de transport et d'urbanisme. Des concours d'idées, des plates-formes de test
communes, etc., pourraient contribuer à la dynamique d'ensemble.
Un groupe de participants est convenu de se revoir pour avancer en ce sens.

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