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Réaliser la 'ville durable' : Compte-rendu 'Habitat collectif et TIC': Les 10 principaux enseignements de l'atelier (5/12/06)1- L'habitat est pensé exclusivement en fonction de la 'logique de réseau'
> le compte-rendu complet
de l'atelier (.pdf, 24 pages)
> le dossier participant (.pdf, dossier de veille sur le thème) Il faut souligner que ce sont bien le téléphone et l'ordinateur qui fondent la modernité de la société en réseau,mais néanmoins sous l'empire d'un média techniquement moins évolutif -la télévision et son vassal, le cinéma - que se développe l'économie des "biens immatériels" qui submergent l'habitat et les ménages de leurs flux. Le futur de l'habitat est ainsi engagé sur la voie d'une bifurcation entre la logique de réseau, dont l'interactivité est la caractéristique principale (téléphone, mobile, internet), et celle du média, dont l'interactivité, quoique techniquement améliorée, est accessoire par rapport à sa visée première de diffusion et de circulation des œuvres ou contenus audiovisuels (télédistribution, téléchargement, CD, DVD...) qui se passe de la connexion entre individus. Or l'habitat a été jusqu'ici pensé exclusivement enfonction de la logique de réseau, tous réseaux confondus, de l'eau à la communication, en focalisant sur les échanges entre le logement et l'extérieur, selon le paradigme d'une mise en relation entre les individus en ce qui concerne les TIC. 2- L'appétence pour le confort et le divertissement est le principal moteur de l'innovation dans les services et les terminauxParallèlement à la perfectibilité des réseaux, l'innovation est aujourd'hui portée sur les services et les terminaux, accompagnant une évolution desmentalités qui résulte avant tout de l'accès aux modes de consommation de masse, motivés autant par un appétit de confort que par celui du divertissement ou du loisir accru. Les innovations techniques ne trouvent leur succès que dans l'adéquation à ces désirs individuels, comme par exemple le rôle de l'automobile dans la conquête des vacances ou l'essor du shopping, augmentant une mobilité de nature à échapper à la rationalisation des transports collectifs destinés auxtrajets domicile-travail. Ce sont ces ajustements opportunistes entre innovation technique et aspirations sociales qui ont façonné l'habitatet la ville d'aujourd'hui. 3- Difficile de concevoir l'habitat durable sans TICA l'origine l'habitat répondait à la préoccupation de se protéger des éléments naturels (eau, soleil, air et feu). La révolution industrielle a ensuite proposé de fabriquer et de domestiquer l'énergie ; les logements accueillaient alors l'eau, l'électricité, le gaz. Le stade actuel « magie » c'est bouger les objets, les personnes à distance avec la notion d'économie globale qui intègre les nouvelles technologies dans et hors l'habitat. Mais ce qu'il conviendrait désormais de faire, serait de se mettre en situation d'apprivoiser les technologies afin qu'elles nous permettent : -de renouer avec les pratiques anciennes qui maîtrisent les sources énergétiques. Ils'agit par exemple de travailler sur des écosystèmes, de réintroduire la ventilation naturelle, d'intégrer les orientations dans la gestion des espaces ; - de changer la trilogie social /environnement /économie afin de consommer moins où les bilans énergétiques soient devenus une variable essentiels de nos progrès. Bref,les technologies doivent permettre de passer réellement à la phase de l'environnement durable. C'est tout le sens de l'approche « Hightechsoft touch ». Il s'agit d'utiliser les technologies afin de semettre en situation de retrouver les fondamentaux au croisement du design, des comportements sociaux et du développement économique dans une optiquede développement durable. >>> Slides de Michel Mossessian (.pdf) www.mossessian.com 4- Les technologies deviennent une composante essentielle de l'habitat>>> Slides de Marion Mesnage (.pdf) : habitat collectif, intelligence ambiante, santé et énergie: vers de nouveaux services? Au niveau des terminaux, la tendance dominante est aux objets "couteaux suisses" (Interchangeables et multi-fonctions), mais de plus en plus, aux interfaces ambiantes ("Le lapin") dédiées par exemple aux dispositifs de visualisation de la santé et les passerelles de communication vers les professionnels de la santé (TV, ordinateurs, smartphones, etc. le font déjà). Au niveau de la "couche réseaux", l'offre reste assez diversifiée (CPL, Zigbee, bluetooth, Watteco, etc. s'ajoutent au protocole ethernet). A l'inverse de cette relative stabilité, l'innovation et la richesse créative sur les capteurs est très vive. Les dispositifs où les capteurs prennent ladécision de réduire ou augmenter la consommation d'électricité à certains moments de la journée, voire même interrompre momentanément le fonctionnement d'appareils électro-ménagers se généralisent. De plus en plus, les constructeurs intègrent des capteurs qui vont permettre le monitoring de ces appareils. L'étape suivante concerne l'intégration de ces services en habitat collectif à partir de ces plateformes communicantes. A ce sujet, on constate que l'intelligence vient s'intégrer dans les objets manufacturés du quotidien (Electroménager, terminaux mobiles, etc.) et utilisant des infrastructures existantes, souvent sans fil. On peut donc penser que les bâtiments n'aient pas besoin d'intégrer la technologie "en dur" dans leur infrastructure, à l'exception de quelques types de capteurs (cellules photovoltaïques par exemple). 5- Le cas de l'accès aux soins et l'optimisation énergétique dans l'habitat : une réalitéDans le domaine de santé, les services appelés à se développerconcernent en premier les dispositifs de maintien à domicile et de soinspréventifs(C'est le cas des dispositifs continus de surveillance desgens àdomicile). Dans le domaine de l'énergie, la pression vadans le sens d'une plus grande sobriété, mais aussi d'une demande plusflexible (A tel moment de la journée, l'énergie est moins polluante etcoûteuseà produire que d'autres) ou encore un intérêt pour uneproduction répartie à l'aide de différentes sources (Eolienne, solaire,etc.) 6- L'accès internet individuel dans les logements sociaux est avant tout affaire d'idéologieQuand on considère la question de l'accès au réseau pour les résidents de logements sociaux, on parle en premier lieu de mutualisation de connexion pour réduire les coûts pour l'usager final. La perception de ces enjeux par les acteurs du logement et des technologies est assez différente et explique tant les difficultés de mise en place que d'exportation des modèles. Deux points de vue s'offrent aux bailleurs. Le premier consiste à considérer qu'il faut purement et simplement déconseiller à un ménage dont les revenus n'excèdent pas les900€ mensuels de s'abonner à l'internet ! Néanmoins, ce choix risque à terme d'enclencher des mécanismes ultérieurs de "politique de la ville de rattrapage" a posteriori, beaucoup plus coûteuses. La deuxième option consiste à placer l'accès à l'internet au même niveau d'importance que peuvent l'être l'accès aux soins, l'énergie ou l'éducation. Les cabines en pied d'immeubles et autres EPN sont une première salve d'actions qui vont dans ce sens, à cela près qu'elles présentent une dimension collective ; or,et c'est une conviction personnelle, ces questions d'internet doivent - à terme -être considérées en terme d'accès individuel. C'est notamment la logique qui a prévalu à Moulins. 7- Des contraintes économiques, juridiques, techniques et idéologiques pèsent (encore) sur les bailleurs sociauxPour les grands opérateurs, il y a une réticence à développer ce type de mutualisation car cela s'oppose à leur logique économique(Qui peut se résumer de manière schématique à : "un foyer = 30 €"). De fait, ce type d'initiatives de mutualisation s'adresse plutôt aux opérateurs locaux ; ces derniers s'intéressent en effet aux logements sociaux, car un "contrat" conclu avec un bailleur implique des milliers de foyers à équiper. Pour les bailleurs, les freins sont de quatre types :
8- La fracture numérique, cible mouvante et question sociale86% des personnes de 80 ans et plus vivent à domicile. Chez les personnes âgées, on constate qu"entre 15 et 50 ans, 50 à 60% des ménages disposent d'un accès à l'internet ; cette proportion tombe à 20% entre 60 et 69%, à 9% entre 70 et 79% et à 3% pour les plus de 80ans. Certes, le sentiment d'appréhension dans la relation à l'objet technique joue plus chez les seniors, mais il n'est qu'un des aspects de leurs logiques identitaires. Dit autrement, il faut considérer l'accès au réseau à la fois en continuité par rapport à leur propre existence (Une personne âgée a été jeune avant d'être âgée...), et donc interroger le sens que peuvent revêtir les TIC dans une existence marquée par le passé. En cela, les TIC ne font pas exception : du fait du vieillissement, il ya un désengagement des personnes âgées envers beaucoup d'aspects de la vie quotidienne, notamment les objets techniques, mais c'est également vrai pour beaucoup d'autres choses. Et à l'inverse, le rapport des seniors aux objets techniques, particulièrement ceux qui sont intégrés dans le logement peuvent être très actifs et personnalisés. (Cf l'expérience de Moulins relatée par Eric Lamoulen). En conclusion, les tensions entre seniors et TIC sont souvent considérées,à tort, comme un phénomène transitoire. Tout se passe comme si les anciennes générations n'avaient pas vécu avec les TIC mais que le fossé se résorberait avec le temps. C'est oublier que les TIC elles-mêmes évoluent très vite et que le transitoire peut très vite se muer en permanent... En effet, le paradigme des réseaux ambiants modifie en profondeur la notion d'usage : les ruptures deviennent moins visibles et encore plus complexes. L'usage était hier le fruit de la rencontre entre un objet technique et certaines qualités humaines ; or, dans un contexte de connexion permanente et d'objets techniques interchangeables (et qui demain auront tendance à disparaître), les objets n'opposent plus les mêmes résistances et les modalités d'appropriation changent. 9- Si les initiatives d'infrastructures n'est plus le simple fait de pionniersOn mentionne souvent le projet de Moulins comme précurseur d'initiatives des offices HLM à vouloir connecter l'ensemble de ses habitants. A Moulins, le projet s'était donné pour objectif de connecter 2000 logements. L'idée de faire passer sur le réseau télévisuel d'autres informations que les seules chaînes de télé : accès au compte locataire, accès à la consommation d'énergie, réclamation en ligne ou transparence du dossier, etc. Ces "services logement" n'ont jamais vu le jour ... Mais au fur et à mesure de son déploiement, l'accès à internet l'a emporté sur les services de type portail local que l'on avait imaginé... Les gens ont raccordé leur ordinateur sur la"box" ; aujourd'hui, seules les personnes âgées utilisent encore la télé comme terminal. La logique de mutualisation prévôt également au sein du parc du ToitAngevin, avec une partie terminale en CPL, mais dans une logique un peu plus ambitieuse : le projet consiste à marier accès internet mutualisé avec mise en place d'un dispositif de monitoring énergétique qui permette de surveiller la consommation d'énergie. On peut aussi citer "Malakof Numérique" (Communauté urbaine de Nantes), "Domitil" (Communauté urbaine de Dunkerque) ou le projet du Mans qui couplait des infrastructures terminal en CPL et des services de télésurveillance. Ce type d'initiative n'est pas isolée : elle s'inscrit dans des partenariats nationaux (Association Delphis) et européens (Notamment via Euronet, qui regroupe une vingtaine d'organismes HLM et permet de faciliter l'accès aux crédits européensqui financent laR&D). 10- L'offre de services pour le logement social existe mais demeure insuffisanteDans la même rubrique :
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